Saison 2025-2026
Une saison riche pour l’observation astronomique dans le Vercors
Observation astronomique dans le Vercors — l’hiver 2025-2026 restera une belle saison. certes, les perturbations atmosphériques ont imposé de jongler avec le planning. Mais le ciel nous a réservé de belles surprises à chaque éclaircie. Ainsi, planètes brillantes, comète exceptionnelle, constellation reine — et même un tournage avec Jamy des Épicurieux. Voici donc le bilan d’une saison riche, entre science et récits du ciel.




Un hiver sous surveillance météo
La saison a demandé patience et souplesse. En effet, les perturbations atlantiques se sont succédé sur le massif. Ainsi, le planning a dû être revu à plusieurs reprises pour saisir les fenêtres de ciel dégagé. C’est donc la contrainte — et la beauté — de l’astronomie en montagne. Par conséquent, chaque nuit claire mérite d’être saisie.

Les surprises du ciel
La comète Tsuchinshan-ATLAS
L’automne nous avait ainsi offert un événement rare : une comète visible à l’œil nu. Issue du nuage d’Oort, elle avait voyagé des millions d’années avant de plonger vers le Soleil. Puis elle a développé une queue de poussière de 21 degrés — soit quarante fois le diamètre apparent de la pleine Lune. En effet, la dernière comète comparable remontait à Hale-Bopp en 1997. C’est un phénomène qui ne se reproduira pas avant 80 000 ans.
→ Pour en savoir plus : stelvision

Le règne des planètes — observation astronomique Vercors
Puis vint l’hiver et son cortège de planètes. Jupiter a dominé nos nuits, trônant haut dans le ciel et offrant aux oculaires ses bandes nuageuses caractéristiques — zones claires et ceintures sombres formées par la rotation rapide de la géante gazeuse (moins de 10 heures par tour). Ses quatre lunes galiléennes — Io, Europe, Ganymède et Calliste, découvertes par Galilée en 1610 — changeaient de configuration d’une nuit à l’autre, formant un véritable système planétaire en miniature.
Vénus, la plus brillante des planètes avec un albédo de 0,7 (elle réfléchit 70 % de la lumière solaire), a illuminé les crépuscules. Saturne et ses anneaux — inclinés d’environ 27° par rapport à notre ligne de visée — ont fait une apparition plus brève, tout comme Mercure, fugace et difficile à attraper au ras de l’horizon : une prise toujours savoureuse pour l’observateur averti.
Un tournage avec Jamy des Épicurieux
La saison a aussi été marquée par une belle rencontre : nous avons accueilli Jamy Gourmaud, figure emblématique de C’est pas sorcier et animateur de la chaîne YouTube Les Épicurieux, venu avec son équipe pour une immersion astronomique dans le Vercors. Une belle convergence entre vulgarisation scientifique grand public et territoire de ciel étoilé d’exception.
→ Retrouvez la vidéo sur la chaîne des Épicurieux : Pourquoi ne voit-on plus les étoiles ?
Vous retrouverez dans les pages suivantes un florilège des images captées au fil de ces nuits d’observation.

Orion, la constellation reine
Ainsi chaque hiver, une constellation s’impose comme souveraine absolue du ciel nocturne : Orion. Son baudrier — trois étoiles alignées avec une précision remarquable, Alnitak, Alnilam et Mintaka — est reconnaissable entre tous. Mais c’est le cœur de la constellation qui réserve les plus belles surprises.
La région de l’épée d’Orion abrite M42, la Grande Nébuleuse d’Orion : une nurserie stellaire distante de 1 300 années-lumière, d’une quarantaine d’années-lumière de diamètre. C’est l’une des régions de formation d’étoiles les plus proches de nous, et la seule nébuleuse diffuse visible à l’œil nu depuis nos latitudes. Au cœur de M42, le Trapèze — un amas de jeunes étoiles massives, âgées de moins d’un million d’années — émet un rayonnement ultraviolet intense qui ionise le gaz environnant, lui conférant cette lueur rose-orangée caractéristique. Une fenêtre ouverte sur la naissance des étoiles.
Orion et le Scorpion — une rivalité inscrite dans le ciel
Mais Orion n’est pas qu’une carte du ciel. C’est un destin.
Dans la mémoire des Grecs, il était le chasseur absolu — géant, intrépide, sûr de sa force au point de défier la Terre elle-même. Cette démesure lui fut fatale : un scorpion, envoyé par Gaïa, eut raison de lui. Zeus, pour honorer les deux adversaires, les plaça aux antipodes du firmament. Depuis lors, Orion se couche à l’ouest au moment précis où le Scorpion se lève à l’est. Ils ne se croisent jamais. La chasse continue pour l’éternité — le chasseur et sa proie séparés pour toujours par la voûte du ciel.

Le Pasteur bienveillant
Mais avant le chasseur grec, avant l’arrogance et la chute, il y avait autre chose.
Les Babyloniens et les Sumériens, qui observaient ces mêmes étoiles il y a plus de quatre mille ans, voyaient dans cette constellation un berger — SIPA.ZI.AN.NA, le vrai berger du ciel, le pasteur bienveillant. Non plus un guerrier, mais un gardien. Celui qui veille, qui guide, qui protège son troupeau dans la nuit.
Une image qui résonne étrangement juste quand on contemple Orion depuis les hauts plateaux du Vercors, par une nuit de janvier où le silence n’est troublé que par le vent dans les sapins.

Prochaines sorties — Bivouacs randonnée et astronomie dans le Vercors
Pour poursuivre l’observation astronomique dans le Vercors, les bivouacs reprennent dès mai, avec deux dates à venir :
📅 23 – 25 mai 2025 — Premiers bivouacs de printemps sous les étoiles 📅 12 – 14 juin 2025 — Nuits de juin, ciel au zénith
Chaque week-end combine randonnée en pleine nature, nuit en bivouac sur les hauteurs du Vercors, et séances d’observation guidées sous l’un des ciels les plus préservés de France — dans le cadre de la Réserve Internationale de Ciel Étoilé du Vercors.


